mardi 27 décembre 2011

Il y a "France sauvage" et "France sauvage"

 La France sauvage, le livre

La couverture du livre des éditions de La Martinière



Ce livre présente les dix principaux milieux naturels français, qui correspondent aux dix docs télé de Arte (voir plus loin). Les espèces rares y côtoient les animaux familiers...

Le lynx des Vosges (les photos du livre sont plus lumineuses que celle-ci !)...
...les barracudas, les girelles et les dauphins de Méditerranée...
et le phoque gris de Bretagne

Une analyse sympa de mon livre sur le site des journalistes JNE


Spécialiste truculent de la faune de proximité, Marc Giraud nous offre dix balades à travers dix milieux naturels français : les falaises bretonnes, la forêt, la Méditerranée, la garrigue, la montagne, le littoral nord, le fleuve sauvage, les mille étangs, le bocage et la ville. De fait, le livre est le complément « papier » d’un ensemble de dix documentaires également appelé « La France sauvage » produit par  Gédéon qui va être diffusé sur Arte en 2012. L’auteur en a écrit le scénario et les commentaires.
Une grande partie des illustrations sont des images issues directement des films. Très visuel, le livre se feuillette avec bonheur. On s’arrête sur une image ou une accroche texte et on se plonge dans la lecture du paragraphe ou d’un encadré. Chaque chapitre est enrichi d’une double page, véritable planche contact légendée qui met en lumière et explique un sujet – le plancton,  la posidonie,  la vie après un incendie, la fable du renard et de la vache, à la conquête du bitume, etc.
Marc Giraud sait mieux que personne pointer l’extraordinaire de la vie ordinaire comme en témoignent les premières lignes de son introduction : « Luttant contre un blizzard glacé, des pingouins volent au-dessus des phoques dans des gerbes d’écumes. Sur une terre brûlée par le soleil, deux tortues s’affrontent pour une femelle à grands coups sonores de carapaces. Non loin de là, des vautours se battent pour une carcasse, un requin géant engouffre du plancton, une plante carnivore englue un papillon, un lynx surveille son territoire… Tout cela se passe en France, tout près de chez vous ». Voilà, le ton est donné. Alors n’hésitez pas à suivre le guide, il est excellent.





La France sauvage, les docs télé


En fait, il en existe plusieurs

La plus ancienne est une série de documentaires dix 26 minutes enregistrés en 2005 (Phasmy productions, réalisateur Bernard Morin)) au cours desquels je présente dix régions : les Pyrénées, la Brenne, la Bretagne, la Camargue, les  marais de Charentes-Maritimes, le Marquenterre en Baie de Somme, Millevaches en Limousin, la Moselle, Fontainebleau, et la Guadeloupe. Ces documentaires sont toujours régulièrement diffusés sur les chaînes du groupe AB, notamment la chaîne Animaux.

Une autre série intitulée "La France sauvage", dix 43 minutes enregistrés en 2010/2011 (Gédéon Programmes, réalisateurs Frédéric Febvre et Augustin Viatte), sera diffusée sur Arte au printemps 2012. J'en ai écrit les scénarios et les commentaires, et c'est Sophie Marceau qui donne sa voix. C'est l'épisode "La forêt des Vosges" qui a reçu le prix du meilleur film pédagogique à Ménigoute (voir plus loin). Enfin, une déclinaison de 90 minutes conçue par la production est diffusée le 29 janvier sur Arte.

Des images tirées des films ont permis ces petites histoires simples illustrées comme des story boards. Ici, l'on découvre comment le renard se rend utile à l'élevage. En éliminant les campagnols, il libère leurs terriers. Or, les bourdons terrestres nichent dans ces terriers abandonnés. Ce sont des grands butineurs de trèfles, plantes dont raffolent les vaches. Tout un écosystème !

samedi 17 décembre 2011

Denis Cheissoux, Marc Jolivet et Miss France


Marc Jolivet
photo DR

Denis Cheissoux m'a invité ce samedi sur France Inter dans son émission "CO2 Mon amour" en compagnie de Marc Jolivet, humoriste connu pour sa sensibilité aux enjeux de l'écologie. Ce fut en direct, et on s'est bien amusés. Bon client, le Jolivet ! Du rire, de l'émotion, de la vraie... Il m'a engagé comme parrain de son association "Rire pour la planète", ça me va ! Entre autres, nous avons parlé des richesses naturelles de nos terroirs à l'occasion de la sortie de "La France sauvage" (voir plus loin dans ce blog), mais aussi des problèmes de la chasse dans notre pays (voir aussi dans ce blog le "Livre noir de la chasse"), notamment les accidents de chasse mortels et le déterrage des blaireaux. Une barbarie sans nom, et merci à Denis de m'avoir donné l'occasion de révéler des violences de cette chasse, très pratiquée en France et si peu connue du public. Jean-marie Pelt nous a raconté l'histoire de l'aspirine, dont la substance active, l'acide salicylique, vient du saule. Toujours passionnant. "CO2 Mon amour" est à ma connaissance la seule émission de radio nationale entièrement consacrée à l'écologie. Tiens tiens, France Inter est aussi la radio qui fait le meilleur taux d'écoute le samedi après-midi...
Ma pomme avec Denis (à droite), photo Antoine Hugounet


Le botaniste Jean-Marie Pelt aux côtés de Denis Cheissoux (en rose)
photo DR


Miss France et les animaux

Delphine Wespiser n'a été ni maladroite ni choquante chez Ruquier samedi dernier. Je ne comprends même pas la polémique autour de notre Miss France 2012, qui aurait eu le culot de "comparer les humains et les animaux". Sauf pour quelques créationnistes et autres fondamentalistes, qui considèrent l'être humain comme un être à part, quasi divin, il n'y a pas de quoi s'étrangler : lorsqu'on est réellement sensible, on l'est pour les humains ET pour les animaux. En fait, Marguerite Yourcenar avait formulé EXACTEMENT les mêmes arguments en 1977 dans un message à L’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir :

« Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l’ignorance, l’indifférence, la cruauté, qui d’ailleurs ne s’exercent si souvent contre l’homme que parce qu’elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, s’il faut toujours tout ramener à nous-mêmes, qu’il y aurait moins d’enfants martyrs s’il y avait moins d’animaux torturés… ».


Delphine Wespiser et Marguerite Yourcenar, même combat !
Photo DR


Marguerite Yourcenar a été membre des JNE
(Journalistes/écrivains pour la nature et l'écologie, voir le lien)

mardi 13 décembre 2011

L'utilité du renard enfin reconnue !

En éliminant les rongeurs, il protège nos cultures
gratuitement, et sans polluer...


l'ASPAS diffuse une nouvelle brochure sur le renard, à se procurer d'urgence !
(voir site ci-contre)


Après une hécatombe de rapaces due à la bromadiolone dans la chaîne des Puys, le préfet a déclassé les renards et les mustélidés du rang de "nuisibles". Dangereux anticoagulant, la bromadiolone tue les rongeurs, mais aussi les prédateurs qui s'en nourrissent. Voir l'article :
La LPO regrette cependant qu'il ait fallu attendre si longtemps pour prendre cette décision :
Milan royal, photo René Roger LPO

samedi 10 décembre 2011

Durban : ça va chauffer !

Notre maison brûle,
et nous regardons la télé...


Impossible de ne pas mettre un mot sur l'échec attendu de la réunion de Durban, tant les enjeux planétaires sont importants. En gros, il est urgent d'attendre : la non décision a été prise de se revoir pour une prochaine réunion de la non décision, comme d'habitude... La place ridicule accordée par les médias et les (ir)responsables politiques à cet événement essentiel montre l'insouciance suicidaire de notre société face aux bouleversements climatiques à venir. Heureusement, quelques collègues journalistes plus conscients de la gravité des enjeux, tels (parmi ceux que je connais) Nathalie Fontrel (France Info), Denis Cheissoux (France Inter), Virginie Garin (RTL), Laure Noualhat, Laurent samuel ou Fabrice Nicolino dans leur blog, en parlent, et mieux que moi. Tiens, tous sont des JNE (voir ci-contre). Voici des liens :

lundi 5 décembre 2011

Bizarreries champignonesques

Les champignons ne sont pas des plantes, puisqu'ils ne contiennent pas de chlorophylle. Ce ne sont pas non plus des animaux, bien qu'ils fabriquent du collagène, une protéine utile aux muscles, à la peau et aux osCe sont des êtres à part : certains capturent des vers au lasso ! Ces vers nématodes vivant sous le sol sont minuscules, certes, et attrapés par des petits tentacules qui réagissent à leur passage, mais quand même...


Les ronds de sorcières


Brrrr, elles sont passées par là...



Comment se forment les ronds de sorcières ? Quand une spore tombe sur un endroit favorable, elle germe et il en sort un mycélium, qui va se développer dans toutes les directions. Des filaments souterrains de mycélium partent en étoile à partir de ce point de départ. Quand les chapeaux de certaines espèces émergent, ils sont tous plus ou moins à égale distance de ce point central, et, tels des ronds dans l’eau, ils forment chaque année autour de lui un cercle un peu plus large. Il en résulte cette forme géométrique à l’allure artificielle, le rond, autrefois attribuée aux interventions magiques des sorcières. Dans les plaines américaines, on a trouvé des ronds de sorcières de 200 à 500 mètres de rayon, soit un kilomètre de diamètre ! Certains de ces monuments naturels seraient vieux de 6 à 8 siècles.

Pour les abeilles

Une pétition contre le lobby des OGM

Parce que les OGM n'ont pas d'autre utilité pour l'agriculture que les profits,
parce que le fonctionnement naturel de la planète disparaît petit à petit.
Je rappelle que "OGM" signifie, à la base, "Organisme génétiquement manipulé"
et non modifié...

lundi 28 novembre 2011

Le rouge-gorge et le jardinier

En ratissant quelques feuilles mortes (que je ne brûle pas !), j'ai vu un rouge-gorge profiter de l'occasion au bout d'une minute seulement. D'où le texte qui suit, extrait de mon "Kama-sutra des demoiselles" (Robert Laffont 2005)...



Opportuniste, le rouge-gorge ! Et pas farouche...



Les oiseaux savent profiter des déplacements des gros mammifères : les garde-bœufs happent les grenouilles et les insectes déplacés par les buffles et les éléphants loin d’ici, ou les vaches de nos prés. En Europe, les rouges-gorges se rapprochent des sangliers qui fouissent le sol : il y a toujours à glaner pendant les travaux de terrassement, notamment les lombrics qui se font prier pour se montrer au grand jour. On a même vu des oiseaux près de taupinières, en train de surveiller attentivement des taupes en action. Comme la faune sauvage disparaît de nos régions industrialisées, le dernier gros mammifère à remuer la terre reste le jardinier. Le rouge-gorge s’y est parfaitement adapté. Lorsque je jardine, j’observe régulièrement l’un d’eux. Il me suit de près, très motivé par les petits repas sautillants que je dévoile, avec une distance de fuite bien moins grande qu’à son habitude. Ça me donne un peu l’impression de travailler pour lui…

Les apparences sont trompeuses : si vous avez en permanence un rouge-gorge chez vous, il ne s’agit forcément pas du même individu suivant les saisons ! En effet, ces oiseaux sont ce que l’on appelle des migrateurs partiels. Tous les rouges-gorges des pays nordiques sont migrateurs (ceux du sud de la Suède parcourent entre 1600 et 1900 km, d’autres jusqu’à plus de 3000 km). En Europe tempérée, les rouges-gorges ne se déplacent guère plus que sur quelques centaines de kilomètres. Ils se mêlent à des oiseaux sédentaires ou à de petits migrateurs. Des rouges-gorges de nos régions migrent vers le sud jusqu’en Afrique du Nord. Donc, en hiver, c’est peut-être un oiseau finlandais qui volète dans votre jardin, alors que « votre » rouge-gorge de l’été se promène en Algérie ! Avec les grands froids, les rouges-gorges se rapprochent de l’homme, et entrent quelquefois dans les habitations. Plusieurs hivers consécutifs, l’un d’eux a séjourné à l’intérieur même de l’épicerie de mon village, chauffé, nourri, et admiré...

dimanche 27 novembre 2011

François Terrasson, chercheur hors normes

Maître de Conférences au Muséum national d’histoire naturelle, auteur de pièces de théâtre, de sketches irrésistibles en patois berrichon (et en alexandrins !), baroudeur, bon vivant, érudit, drôle, déroutant et brillantissime, François Terrasson était un personnage référent pour tous ceux qui l'avaient rencontré.
François est mort en 2006. Il nous reste sa pensée originale, son éclairage - si nécessaire aujourd’hui - sur les raisons profondes, inconscientes, qui poussent notre civilisation à détruire la nature.


François et ses ruches, lors de ses fameuses "beuveries apicoles", au cours desquelles il invitait ses amis dans son Berry natal (photo DR)





Voici une présentation de mon ami François Terrasson, que j'ai rédigée pour la réédition de son livre "La Civilisation anti-Nature".

Libérez le sauvage !


« Laissez la nature à un protecteur de la nature, et celle-ci est foutue ». C’est avec ce genre de formule que François Terrasson a déstabilisé certains écologistes, qui ne l’ont pas tous bien compris. François n’était pas contre la nature, il était contre ceux qui la dénaturent. Tous. Y compris ceux qui se croient obligés d’aménager des nichoirs artificiels à des oiseaux libres sachant parfaitement construire leur nid tout seuls.

Évidemment, on peut rétorquer qu’il vaut mieux aménager que de détruire. Mais l’aménagement est une vision à court terme, qui a une fâcheuse tendance à se contenter de peu. Terrasson voyait plus loin, plus large, plus grand. Il nous rappelait la puissance émotionnelle de la nature, ce sentiment presque magique  qu’elle suscite en nous et que nous avons aujourd’hui quasiment oublié. Avec une lucidité à la fois terrible et amusée, il avait décrypté dans nos inconscients la peur du naturel, c’est-à-dire du non maîtrisé par l’humain. Il voyait dans ces habitudes des protecteurs de tout mettre en réserve, aménager, baliser, flécher, sécuriser, le même fonctionnement que ceux qui détruisent sans état d’âme. Elle s’immisce dans toutes les têtes, notre civilisation anti-nature !

Chaque jour, la télévision nous distille sans même s’en rendre compte des aberrations que quasiment plus personne ne songe à remettre en cause. « Dangerosité » inquiétante de la montagne, de la neige en hiver (si, si !), du soleil, de la plage, des vagues, des petites bêtes qui piquent, du grand méchant loup, des arbres qui ont le culot de tomber, et autres scandaleuses menaces dont notre civilisation entend nous préserver jusqu’à l’infantilisation. Bref, tout ce qui ne vient pas de l’homme est l’ennemi désigné, et l’on occulte au passage les véritables dangers dus aux chimies diverses dont nos corps sont pollués. Pour l’humain téléspectateur d’aujourd’hui, la nature n’est plus qu’un centre de loisirs sévèrement encadré, où l’on n’ose pénétrer qu’accompagné de professionnels certifiés.

La voix originale de François Terrasson tranche net sur cette pensée unique omniprésente. Les rapports que l’homme entretient avec la nature furent un point clé de ses réflexions. Il est un des rares chercheurs - pour ne pas dire le seul - à avoir analysé les mécanismes secrets de nos sociétés, les causes de ses dérèglements et les sources profondes de nos maux sous l’angle de l’anti-nature. Avec « l’anthropologie de l’espace » imaginée par son ami psychiatre Claude Leroy, François Terrasson révélait les effets de nos lieux de vie sur nos inconscients. Inutile de préciser que l’univers gris et rectiligne des villes et des banlieues, qui donne un sentiment de non-existence, peut inciter à la déprime, à la violence ou à la révolte. En tuant la nature extérieure, on tue notre nature intérieure et notre émotivité.

Terrasson a rouvert la porte du sauvage, du spontané et de l’imaginaire, libérant au passage nos émotions enfouies. Il organisait de fameux stages au cours desquels il proposait à ses victimes (consentantes) de passer une nuit seules en pleine nature, sans lumière, juste pour se tester, pour se confronter enfin aux forces originelles. Des expériences étrangement proches des rites initiatiques pratiqués dans des civilisations plus en harmonie avec la nature que la nôtre.

François Terrasson a passé sa vie à réhabiliter ses complices la vase, les ronces et les friches ; la nature sensible, magique et puissante ; mais aussi l’organique et l’émotionnel dont nous sommes pétris, sans jamais opposer l’homme et la nature. Au moment de sa disparition en janvier 2006, il avait l’intention de mettre en place un « Centre stratégique d’influence naturaliste », qui nous manque cruellement aujourd’hui. Par ses conférences, ses actions, ses écrits, François a eu le temps de semer de belles graines bien sauvages de révolution dans quelques esprits. Souhaitons qu’elles trouvent d’autres terres assez fertiles pour germer bientôt.

Les trois ouvrages de François Terrasson ont été réédités aux éditions Sang de la Terre (La Peur de la Nature, La Civilisation anti-Nature, Pour en finir avec la Nature). Celui-ci est un recueil d'inédits, que je vous recommande tout aussi chaudement.

mercredi 23 novembre 2011

Champignons sauce nucléaire



Ces lépiotes sont comestibles. Vraiment ?


On voit beaucoup de très beaux champignons ces temps-ci dans la nature. Et derrière eux, beaucoup de cueilleurs. Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, ces champignons si appétissants ont pourtant de fortes chances d'être irradiés. Les journalistes des médias dominants en ont peu ou pas parlé (à ma connaissance), ça fait sans doute rabat-joie de se soucier de santé publique. Les mêmes journalistes ne se sont pas précipités non plus pour relayer ce communiqué de presse de Greenpeace du 10 novembre, révélant qu'EDF vient d'être lourdement condamnée pour... espionnage envers l'organisation écologiste ! Plusieurs responsables d'EDF ont même pris de la prison ferme. Selon les membres de Greenpeace, l'électricien national a été condamné à leur verser 500 000 euros et à payer une amende de 1 500 000 euros au Trésor Public. Voir sur http://presse.greenpeace.fr/energie-climat/edf-lourdement-condamnee-pour-avoir-espionne-greenpeace-2963-10112011
En plein débat politico-fumeux sur le nucléaire, cela méritait pourtant d'être débattu. C'est fou ce qu'on peut découvrir en cherchant des champignons...


image Rémi Collange

lundi 21 novembre 2011

La saison des nids

Paradoxalement, c'est en hiver que l'on observe le mieux les oiseaux, parce qu'ils ne sont plus cachés par les feuilles des arbres. Il en est de même avec les nids : c'est le moment de prospecter. Vous découvrirez peut-être des nids près de chez vous, qui étaient jusqu'ici bien dissimulés dans la végétation...

Le nid des pigeons est fait de brindilles

dimanche 13 novembre 2011

Des mouettes dans la ville, des grues à Paris

Lorsqu'il fait froid, les mouettes se montrent plus à l'intérieur des villes, comme ici au parc Montsouris à Paris.

 
En dehors de la période de reproduction, la mouette rieuse ne porte pas son masque nuptial foncé,
mais on en repère les traces autour de ses yeux.


Ce dimanche, un groupe de près d'une centaine de grues cendrées ont volé au-dessus des emprises ferroviaires, à côté de la gare du Nord, dans le dix-huitième arrondissement de Paris (observation de Geneviève Renson, exploratrice, photographe, spécialiste du bec-en-sabot). D'autres grues ont été vues au-dessus de Chatenay Malabry.

lundi 7 novembre 2011

Sophie Marceau, voix de "La France sauvage"

Ce matin (7 novembre) au cours d'une conférence de presse à Paris, la belle Sophie est venue répondre aux questions des journalistes après une projection de "La France sauvage". Un épisode de la série l'a particulièrement touchée : la Loire, car il lui rappelle les chemins de son enfance. L'actrice regrette d'être aujourd'hui coupée de la nature, qu'elle aime sincèrement. Elle a tout de suite adhéré au projet de "La France sauvage", car elle désirait depuis longtemps participer à des films animaliers, et elle est ravie du résultat. Nous aussi...

mardi 1 novembre 2011

"La France sauvage" reçoit le prix du meilleur documentaire pédagogique à Ménigoute !

Au Festival international du film ornithologique de Ménigoute, l'épisode "La forêt des Vosges", de la série "La France sauvage" (Gédéon programmes) vient de recevoir le Prix des clubs CPN (Connaître et protéger la nature) & Nature et Découvertes, qui récompense "le meilleur documentaire à vocation pédagogique".
Comme j'en ai écrit les scénarios et les commentaires, et que la pédagogie, la proximité, le partage de l'émerveillement et de la connaissance avec le spectateur sont mes buts principaux, j'en suis donc personnellement très honoré. Sans oublier bien sûr qu'il s'agit d'un travail d'équipe, depuis la productrice jusqu'aux cadreurs animaliers sur le terrain en passant par les réalisateurs, les monteurs, les bruiteurs... Il y a du monde derrière l'image ! Et sans oublier non plus le talent et la voix de Sophie Marceau...

voir aussi le blog du festival, animé par Catherine Levesque :

voir également
http://www.gedeonprogrammes.com/fr/index.php
Les épisodes de la France sauvage « La Bretagne, entre falaises et océan » et « La Bourgogne, les secrets du bocage » (43 minutes) ont obtenu chacun les Mentions spéciales (Honorable mention for Cinematography) au CINE, International Wildlife Fim Festival dans le Montana, aux états-Unis. L’épisode « Île-de-France, une nature insoupçonnée » a reçu le Laurier de Bronze dans la catégorie documentaire TV au Festival du Creusot le 17 juin 2011.

en ce moment dans la nature (automne)

Le fusain a bonne mine

C'est en ce moment, en automne, que les haies sont les plus colorées. Arbuste typique des haies, le fusain peut mesurer de 3 à 8 mètres. Ses fruits sont de jolies boules roses à graines orange, surnommées « bonnets d’évêques ». Attention, ils sont toxiques, comme toutes les parties de la plante. Jadis, leurs capsules étaient d’ailleurs appliquées sur les cheveux pour lutter contre les poux.

Le fusain est surtout connu pour ses petites branches qui, une fois carbonisées, donnent les fameux bâtons de charbon de bois utilisés par les dessinateurs.





les canards aussi...

Lorsqu'ils barbotent, les canards de surface forment également des "bonnets d'évêques"...

lundi 24 octobre 2011

Les dessous de la chasse

Parution du "Livre noir de la chasse"

Voici le livre que tous les protecteurs de la nature attendaient depuis longtemps! Enfin, un ouvrage qui sorte des clichés habituels pour dire les quatre vérités de la chasse en France. Il révèle le diktat incroyable du lobby de la chasse en France, ses malversations, ses exactions, les braconnages autorisés avec la complicité de l’Etat, le déni des réalités biologiques, le mépris des lois, l’abattage d’espèces vulnérables jusque dans les réserves naturelles, les cadeaux insensés octroyés par des politiques, l’histoire ubuesque des braconnages dans le Médoc ou au col de l’Escrinet (où les chasseurs ont pris des garde-chasse en otage), le manque de démocratie des structures de la chasse en France, la cruauté des chasses dites traditionnelles, les accidents de chasse meurtriers, le prosélytisme de la chasse dans les écoles, etc. Actuellement Président de l’Aspas, l’auteur Pierre Athanaze est aussi un bénévole de la protection de la nature depuis des années. Bien qu’issu d’une famille de chasseurs, il s’est heurté au cours de ses actions à un lobby qui refuse d’évoluer, et relate ses stupéfactions face à ses abus de pouvoir et, parfois, sa bêtise. Un livre courageux et sans concession, comme on les aime, qui demande la séparation de la chasse et de l’Etat. Depuis le fameux « La chasse à la française » de Roger Mathieu (Quelle est belle compagnie 1987, aujourd’hui épuisé), rien d’aussi clair n’avait été publié sur ce sujet important : c’est une antidote à la désinformation. 


Éditions Sang de la Terre

À consulter également, le « Livre blanc sur la chasse » (réalisation Cora Faune Sauvage, collectif de six auteurs, dont Pierre Athanaze) disponible en téléchargement :

samedi 22 octobre 2011

devinette nature

Quels sont les quatre oiseaux de nos campagnes
qui composent celui-ci ?


INDICES : Pour la tête et la queue, c'est trop facile. Les ailes sont celles d'un granivore amateur d'une plante piquante qui lui a valu son nom. Le plus difficile à trouver est sans doute celui qui a servi pour les pattes, mais la position tête en bas le long du support est une bonne indication.
Réponse plus bas...








encore plus bas...








tête : martin-pêcheur
ailes: chardonneret
queue: hirondelle rustique
pattes: sitelle torchepot

Gros projet anti-nature


LGV, La Grande Vacherie


Moins médiatique que celle de l'Aquitaine, une Ligne à grande vitesse (LGV) prévue pour 2020 devrait relier Poitiers à Limoges. Sans aucune justification sociale ni même économique, elle traverserait les magnifiques terroirs du Haut Limousin encore préservés, et provoquerait un énorme gâchis environnemental. Bien qu'elle soit remise en question, et bien qu'il existe des alternatives, elle n'est toujours pas abandonnée.

Dans ces campagnes limousines, il existe encore des vaches avec des cornes, qui mangent de l’herbe et qui vivent heureuses avec leur veau ; des rivières sauvages courant entre les rochers moussus et des forêts abritant de vénérables châtaigniers multi centenaires. Cincle plongeur, loutre d’Europe, hoplie bleue (un magnifique coléoptère) comptent parmi les stars de ces écosystèmes, sans oublier les renards, blaireaux et autres martres qui prospèrent en ces lieux paisibles. Ici, luxe suprême, le silence n’est troublé que par le chant des oiseaux. Mais quelques bétonneurs puissants ont décidé de casser l’ambiance. Des dizaines d’associations locales très remontées contre ce projet se sont créées, cristallisant une opposition très vive de la majorité des habitants. Ces derniers se sentent manipulés, et ils craignent fort la disparition de leur douceur de vie.



Mais qui s’en soucie ? Dans les médias nationaux, c’est l’indifférence. Dans la PQR (presse quotidienne régionale), une très riche « Association de promotion Poitiers Limoges Brives » se paye régulièrement des pages entières de pub pro-TGV, avec un logo classieux et de beaux schémas couleurs, vantant le "modernisme" et dénigrant au passage les opposants. Ça masque volontairement la brutalité des faits, et ça sent un peu trop fort la propagande. Dans la même PQR, ce sont surtout des questions et des contestations, sinon des cris de désespoir, qui émanent des reportages sur le terrain. Les réunions locales houleuses sur le futur tracé succèdent aux opérations escargot ou aux rallyes touristiques des sites promis à la destruction. Dans les prés, les vaches limousines voient pousser des pancartes anti-LGV.


Petit résumé des arguments des opposants : cette ligne TGV ne permettrait de gagner que… un quart d’heure aux voyageurs allant de Paris à Limoges (en faisant un détour par Poitiers !). Coût du massacre : environ deux milliards d’euros (L’association de soutien au TGV annonce évidemment un chiffre moindre pour ce projet. À titre de comparaison, les travaux pharaoniques pour désensabler le Mont Saint Michel ne coûteront "que" 200 millions d’euros. De son côté, la SNCF affichait 500 millions de pertes au premier semestre 2009.). "Massacre" n’est pas un vain mot dans ce relief extrêmement vallonné. La beauté du paysage, la nature authentique, les activités agricoles encore traditionnelles, l’attrait touristique, tout ça serait remis en question pour faire gagner un peu de temps à quelques nantis ou voyageurs obligés de casser leur tirelire. En effet, le prix du billet pourrait atteindre les 130 euros, ce qui pénaliserait une fois de plus les moins favorisés.


Le 25 novembre 2009, cinq députés du Limousin et de Poitou-Charentes avaient tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour clamer leur soutien indéfectible au "désenclavement", oubliant le manque de consensus sur la question, négligeant la détresse de ceux qui les ont élus, et méprisant totalement l’environnement. Ils ont fourni à la presse des analyses écosystémiques d’une lumineuse modernité : "L’avenir des jeunes passe avant celui des coléoptères" (Le Populaire du Centre, 26 11 09). Les jeunes agriculteurs dont les terres risquent d'être réquisitionnées de force apprécieront. Quant aux coléoptères, indispensables au fonctionnement des écosystèmes dont les députés - organismes biologiques comme les autres - font partie, ils n’ont pas à être stupidement mis en balance avec les drames humains : ce n’est pas en écrasant les coccinelles que l’on va arrêter le chômage… Depuis, et heureusement, les rapports se succèdent à l'Assemblée et au Sénat pour dénoncer l'impossibilité de financer le barreau Poitiers/Limoges. Au cours d'un colloque à l'Assemblée en mai 2011, Guillaume Pépy, le président de la SNCF lui-même, a affiché ses réticences. Enfin. Cependanten septembre 2011, après son élection aux cantonales en Corrèze, la première déclaration de Bernadette Chirac a tout de suite été un fervent soutien à la LGV. Cette histoire n'est donc pas close.


D"après la CRI (Coordination des riverains impactés), dont une délégation a été reçue dernièrement au cabinet de la ministre de l'Ecologie, il y a débat au sein du ministère sur la réponse à apporter afin de résoudre l'accès à la Grande Vitesse pour le centre de la France et pour le Limousin en particulier.

Voici les trois projets :

- La LGV Limoges-Poitiers,

- Les perspectives du POLT (Paris Orléans Limoges Toulouse) avec la promesse prise devant les Présidents des Régions Centre, Limousin et Midi Pyrénées d'un investissement de 1 milliard d'euros pour la mise en place sur cette ligne de trains compatibles TGV en remplacement des TEOZ vétustes 

- L'apparition du nouveau projet POCL (Paris Orléans Clermont Lyon ) en doublement de Paris-Lyon , dont tous les scénarios proposés envisage un raccordement sur la ligne POLT, mettant Limoges à moins de 2 heures de Paris.

Selon la CRI, un évident problème de cohérence se pose au niveau du financement et d'aménagement du territoire : "l'abandon du projet de LGV Limoges-Poitiers s'impose donc, et le plus tôt sera le mieux".


La LGV devrait éventrer tous ces paysages, déchirer le silence et rompre l'harmonie...


http://www.wat.tv/video/cri-coordination-riverains-3htd7_3avqr_.html


Samedi 10 décembre 2011
deuxième journée européenne
contre les grands projets inutiles

Extrait du communiqué de presse :
Partout, des grands projets inutiles se développent (aéroports, LGV, autoroutes,
incinérateurs, projets immobiliers démesurés, ...) .
Partout, ces grands projets sont élaborés au profit d'intérêts privés, au détriment des populations, des territoires, des activités socio-économiques et menacent les terres agricoles, les milieux naturels et l'habitat humain. Partout, ces projets sont imposés dans l'opacité, contre l'avis des populations et souvent accompagnés de mesures d'intimidation : nous sommes dans un véritable déni de démocratie. Partout, ces projets gaspillent les ressources dans un contexte de crise (énergétique, alimentaire, sociale, écologique) et alourdissent la dette (économique et environnementale) sans aucun bénéfice social en retour, sans respect ni de nos ancêtres ni des générations futures.